Une Maison familiale depuis 1840 à NancyPetite histoire de la Bergamotte de NancyPetite histoire des Macarons de Nancy
La tradition de saint NicolasPetite histoire du Pain d'épices de NancyLes boîtes de Bergamot(t)es de Nancy d'Alain
Macarons de Nancy de la Maison Lefèvre-Lemoine
Petite histoire des Macarons de Nancy de la Maison Lefèvre-Lemoine

Fondée en 1840, la Biscuiterie LEFEVRE-LEMOINE est la plus ancienne fabrique familiale et artisanale de Macarons de Nancy.

Des amandes

Les Macarons de Nancy sont des biscuits à base d’amandes, de sucre, et de blancs d’œufs, commersalisés à la douzaine, unité de quantité héritée des siècles passés...

Les Macarons de Nancy sont à base d’amandes, de sucre, et de blancs d’œufs.
1840 : les frères Antoine LEFEVRE-DENISE et Jean-Romain LEFEVRE-UTILE

Antoine Lefèvre s’installe à Nancy en 1840 et fonde une fabrique de biscuits et de pain d'épices, il a 26 ans et fait appel à son jeune frère pâtissier Jean-Romain Lefèvre, de cinq ans son cadet ; les frères travailleront ensemble à Nancy jusqu'en 1846, aux côtés du premier beau-père d'Antoine, Nicolas Bernard, déjà boulanger à Nancy en 1812, qui connaît bien la fabrication des macarons aux amandes, et qui leur enseigne ses savoir-faire.

Des biscuitiers et des macarons

Les deux frères fabriquent des macarons, biscuits à base d’amandes pilées, de blancs d’œufs et de sucre, vendus à la douzaine sur leur feuille de cuisson, qui deviendront par la suite la spécialité de Nancy. Antoine choisit l’effigie de Saint Nicolas pour distinguer ses produits, et ses macarons aux amandes.

Puis Antoine épouse mademoiselle Philogène Denise et dénomme sa fabrique biscuits "LEFEVRE-DENISE".

On retrouve, en 1846, le petit-frère frère Jean-Romain installé à Nantes ; il a 27 ans. Suivant l'exemple de son frère ainé Antoine, Jean-Romain y fonde également une fabrique de biscuits, et se spécialise dans la fabrication des macarons. Il épouse quant à lui une demoiselle Pauline Isabelle Utile en 1850 et dénomme son entreprise "LEFEVRE-UTILE".

Macarons de Nancy
1861 : les macarons du Grand Saint Nicolas
de la Maison LEFEVRE-DENISE primés

Les macarons ne deviennent la spécialité de Nancy qu’à partir des années 1850.

En 1861, les frères Lefèvre participent ensemble à l'Exposition Nationale de Nantes et obtiennent une mention honorable pour leurs produits, notamment leurs macarons, leurs tablettes de bergamotte, leurs biscuits et leur pain d’épices.

Une Légende

La légende raconte que le berceau du macaron, ou plutôt le lieu où le premier macaron aurait vu le jour, se situait à Nancy, au couvent du Saint-Sacrement ; sa fondatrice Catherine de Lorraine en serait à l'origine. Avant la Révolution, les fondations monastiques étaient nombreuses à Nancy, 18 furent crées entre 1592 et 1655.

Le macaron n'était pourtant pas une nouveauté au XVIIème siècle, ce biscuit serait apparu en Europe au Moyen-Age.

Un biscuit bien connu

On peut lire dans le « Dictionnaire François », publié par Pierre Richelet en 1680, que les macarons sont une sorte de pâtisserie faite d’amandes douces, de sucre et de blancs d’œufs, et que les pâtissiers font et vendent toutes sortes de pièces de four, pâtés, tartes, tourtes, gâteaux, biscuits et macarons.

En 1751, Gilliers, le chef d’office du Duc de Lorraine Stanislas Leszczynski, écrit dans "Le Cannaméliste français" que le macaron est une espèce de four, fait avec des amandes douces ou pistaches, du sucre, et du blanc d'œuf.

En 1787, le médecin du Duc de Lorraine Stanislas Leszczynski, le Sieur Buc’hoz, dans son ouvrage "L'art de préparer les alimens", énumère à son tour plusieurs recettes de macarons à base de sucre, d'amandes douces pilées, et de blancs d'œufs : les macarons communs, de Bruxelles, de Liège, et les macarons fins. Il les taille en petits pains plats et ronds, ou ovales, et ajoute : "cette espèce de pâtisserie est fort salutaire, on en peut même donner aux convalescents".

Vers 1800, des ouvrages présentent la fabrication des macarons comme faisant partie des attributions du confiseur. Le macaron y est décrit comme une confiture sèche, ou confiture au four, tout comme le biscuit.

Au cours de la seconde partie du XIXème siècle, les pâtissiers et confiseurs de Nancy donnèrent différents noms à leurs Macarons de Nancy : macarons des Dominicains, des Carmes, de la Visitation, des Sœurs, des Frères, des Pères, de la Commanderie, du Sacré Cœur, de Saint Jean, de Jeanne d'Arc, Au Grand Saint Nicolas ; en souvenir des nombreuses fondations monastiques qu'avait connu Nancy jusqu'à la Révolution.

La renommée des Macarons de Nancy

A partir de 1880, c’est le fils d’Antoine, Louis Lefèvre, et son épouse Honorine, qui contribuent à la renommée des Macarons de Nancy.

Le fils de Jean-Romain, Louis Lefèvre-Utile, cousin de Louis, a, quant à lui, créé le Petit Beurre à Nantes en 1886.

En 1890, la renommée des Macarons de Nancy est déjà bien établie, et la Maison Lefèvre-Denise les commercialise sous la marque de fabrique Au Grand Saint Nicolas, depuis déjà 50 ans.

Vers 1900, Louis fait réaliser des vitraux par Charles Gauville, afin de décorer la devanture se son magasin à l'angle des rues Saint Jean et Clodion, en vis à vis de l'immeuble Génin construit par Henri Gutton. La partie supérieure de la vitrine de la rue Saint Jean est habillée d'un vitrail à décor de chardons et croix de Lorraine, où les passants peuvent lire en lettres Art Nouveau "MACARONS DE NANCY".

A cette époque, Louis Lefèvre participe à plusieurs expositions, les Macarons de Nancy et les Bergamottes de Nancy de la Maison LEFEVRE-DENISE obtiennent une médaille d'or à Nancy en 1902 et un diplôme d'honneur à Paris en 1905.

Louis Lefèvre-Denise
1909 : Exposition Internationale de Nancy
Les Macarons LEFEVRE-DENISE Médaille de Vermeil
Les Macarons des Dominicains récompensés Hors Concours

En 1909, à l'Exposition Internationale de l'Est de la France de Nancy, la Maison LEFEVRE-DENISE est distinguée et récompensée par une médaille de Vermeil pour sa biscuiterie, son Pain d'épices, ses Bergamottes de Nancy et ses Macarons de Nancy. Les Macarons des Dominicains de la pâtisserie Charpentier sont, quant à eux, récompensés Hors Concours.

La Maison LEFEVRE-DENISE obtient à nouveau une médaille d'or à Clermont-Ferrand en 1910 pour ses Bergamottes de Nancy et ses Macarons de Nancy.

Macaron de Nancy
1925 : Georges et Georgette Lefèvre

Puis en 1925, c’est au tour de Georges et Georgette Lefèvre d’entretenir cette délicieuse tradition.

Ils réalisent notamment dans les années 30 des Macarons de Nancy certifiés casher pour la Maison Bloch, rue Raugraff.

Les établissements LEFEVRE GEORGES participent aux expositions, et leurs Bergamottes de Nancy, leurs Macarons de Nancy, leur Pain d'épices, obtiennent une Médaille d'Or à Nancy en 1927 à l'Exposition Nationale de l'Hôtellerie et du Tourisme.

Les Macarons des frères Dominicains

En 1950, Georges Lefèvre rachète la pâtisserie de Pol Adam du 2 rue des Dominicains et la marque Macarons des Dominicains déposée en 1903 par Charles Charpentier, President du Syndicat de la Pâtisserie.

Les Macarons des Dominicains ont obtenu une médaille d'or à l’exposition du Jardin des Tuileries de Paris en 1903, une médaille d'or à l’exposition universelle de Saint-Louis en Louisiane en 1904, et ont été récompensés Hors Concours à Nancy en 1909.

Le monastère des religieux de Saint Dominique, appelés Jacobins ou Dominicains, fut fondé en 1642, et dès le XIXe siècle, une Officine située à l'angle de la Place Stanislas au numéro 2 de la rue des Dominicains, confectionne et vend des Macarons de Nancy dit des Frères Dominicains, institution réputée reprise successivement par les Maisons Schwenninger, Charpentier, Closset, Adam puis Lefèvre.

Le dessin original du religieux de Saint Dominique est l’œuvre de Henri Bergé, célèbre dessinateur de l’Ecole de Nancy, connu pour ses créations verrières à la manufacture des frères Daum.

Soucieux du patrimoine nancéien, en 1958, les établissements Lefèvre Georges deviennent propriétaire de l'immeuble situé au 10, rue des Sœurs Macarons, anciennement rue de la Hache, et de l'atelier de fabrication de la marque « Maison des Soeurs Macarons », alors exploité par Georges Aptel. L'immeuble restera la propriété de l'entreprise jusqu'en 1985, et Philippe Lemoine fera classer le four à macarons et le four à noisette, ainsi que la rampe d’escalier et la charpente de l’immeuble, au titre des monuments historiques au début des années 80.

Macaron de Nancy.
LEFEVRE-LEMOINE : la tradition intacte
Macarons de Nancy de Biscuitier Lefèvre-Lemoine, Maison fondée en 1840.

En 1989, Monique Lefèvre, la fille cadette de Georges, et son époux Philippe Lemoine, reprennent l’entreprise et appliquent toujours l’authentique recette, alors inchangée depuis 150 ans.

C'est ainsi que depuis 1840, époque de Louis Philippe, la "Maison LEFEVRE" héritière de LEFEVRE-DENISE, soeur de LEFEVRE-UTILE de Nantes, perpétue, transmet et applique, génération après génération, la connaissance qui fait des MACARONS LEFEVRE-LEMOINE, les macarons les plus renommés de Nancy.

Nos macarons sont ainsi toujours dressés à la main à l’aide d’une seringue à macarons, comme le veut l’usage et la tradition.

Aujourd’hui, la grande tradition des Macarons de Nancy est perpétuée par Thierry-Laurent Lefèvre-Lemoine, petit-fils de Georges Lefèvre, arrière-arrière-petit-fils d‘Antoine et Philogène Lefèvre-Denise, qui réalise toujours cette recette authentique et délicieuse, perpétuée depuis bientôt 200 ans.

Seringue. Espèce de pompe en fer-blanc avec un manche en bois, pour repousser les pâtes qui sont dedans. On adapte au bout toutes sortes de douilles pour dresser les macarons, les massepains, la patience, les soufflages, etc.
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